Ce matin, j'ai eu l'occasion de parler à mon père pour lui annoncer la nouvelle de ma séparation avec "mon ange". Cela a été l'une des rares discussions les plus sincères et les plus éprouvantes que j'ai eu avec lui. J'aurai aimé qu'il ait été plus franc envers moi, plus intime dans le passé, mais je ne le regrette pas car au moins je reconnais en là cette partie de moi qui fait les choses avec raison, avec une logique radicale, sans chercher à comprendre ou à s'interroger sur des sentiments qui peuvent paraître encombrants. Il m'a confié une partie de sa vie que j'aurais pu ignorer pendant encore longtemps si les circonstances ne l'avaient pas poussé à le faire. Grâce à lui, je me suis rendue compte aujourd'hui de la chance inouïe d'avoir eu à mes côtés un homme impressionnant, tant dans sa sensibilité à la vie, aux gens, aux choses, qu'à son désir de plaire, de rendre heureux. Le fait est que je le savais, il n'y a pas si longtemps alors qu'est-ce qui a dû se passer pour que je perde cette idée? Mais pour faire ce voyage initiatique qui prendra le temps qu'il faudra, je me dois de présenter mes excuses à ceux que j'ai blessés en cours de route, reconnaître là où j'ai fait mal.
Alors, " zanj mwen", même lorsque tu ne liras pas ce que j'ai à te dire aujourd'hui, sache que je meurs de t'avoir causé autant de peine, d'avoir renié ta souffrance, ta détresse pour comprendre la mienne, d'avoir ignoré ton besoin d'amour et d'affection quand t'en avais besoin, de t'avoir repoussé lentement de ma vie, de t'avoir fait pleurer, de t'avoir regardé pleurer sans pouvoir te réconforter, de t'avoir laissé quand t'avais besoin de moi, de t'avoir privé de mon amour en passant mon temps à ressasser le passé. Je le regrette tellement et tant que je n'avais pas le recul nécessaire pour regarder ce que j'ai fait, je n'aurais pas pu voir au-delà de ce moi que je déteste tant, ce moi qui n'arrête pas de regarder en arrière, qui a peur du changement, des risques que cela peut engendrer, de la jeune fille que j'étais à mes 17 ans en quittant mon pays natal pour découvrir le reste du monde.
Même lorsque les choses ne seront plus pareilles entre nous, ni en chacun de nous, sache que c'est toi le plus fort, c'est toi le plus courageux de nous deux, d'avoir enduré tout ce cirque, en fait c'est toi le pilier, c'est toi le support.
A l'avenir donc, je demanderai au ciel de me permettre à ma manière d'être le pilier pour toi ou pour quelqu'un d'autre, de me permettre d'avoir suffisamment d'épaules pour accueillir une tête, d'avoir la main pour sécher les pleurs d'un revers, de réconforter avec un sourire et de montrer qu'en dépit de tout, tu ne peux et ne te sentiras seul car je suis là, moi aussi.
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